Triste empire poutinien
Triste empire poutinien
| 03.03.12 | 14h37 • Mis à jour le 04.03.12 | 19h09L'auteur du plus russe de tous les romans russes, Les Ames mortes, y compare ma patrie à une "ardente troïka" qui laisse littéralement derrière elle le reste du monde. "Où voles-tu ainsi ? - Pas de réponse." Ce passage de Gogol, que connaît tout écolier russe, a donné espoir à des générations de lecteurs : et si c'était vers l'avenir radieux que nous emmenait cette troïka ?
Depuis, il s'est écoulé plus d'un siècle et demi. Le pays a accumulé une expérience historique, le peuple une expérience génétique. Les tentatives d'émancipation de la société ont abouti à une dictature plus cruelle encore. Il est probable que Gogol, s'il vivait aujourd'hui, comparerait la Russie à une rame de métro parcourant le tunnel dans les deux sens - de l'ordre dictatorial à l'anarchie démocratique, et vice versa - sans dévier de l'itinéraire qui lui est imposé. Un métro qui ne va nulle part.
Le problème de mon pays n'est pas, hélas, que les dernières élections y aient été entachées d'irrégularités : il est que, même sans ces irrégularités, le parti de Poutine les aurait gagnées. L'opposition en convient d'ailleurs elle-même. En Russie, la valeur suprême est, aujourd'hui comme hier, la stabilité.
Ce qui se passe actuellement sous nos yeux en Russie rappelle étonnamment la période qui a précédé la révolution de 1917. Sur un même territoire coexistent, tout comme il y a cent ans, deux nations, russes l'une et l'autre, et parlant la même langue, mais qui diffèrent radicalement par l'esprit comme par la culture. Une partie du peuple, de loin la plus nombreuse, misérable, avinée, ignorante, à la mentalité encore moyenâgeuse, vit en province. L'autre partie, concentrée dans les deux capitales, est éduquée, aisée, a voyagé dans le monde entier et a de la démocratie et de l'organisation sociale une conception européenne.
Pour la première, l'ordre ne peut être assuré en Russie que d'une main de fer, par un tsar ou un Staline. Pour la seconde, toute l'histoire russe n'est qu'un cloaque sanglant dont il faut absolument sortir pour adopter un régime libéral à l'européenne. Nous savons à quelle monstrueuse catastrophe a conduit, voici un siècle, cette opposition, mais nous restons incapables d'en surmonter les conséquences.
Ma génération a eu la chance de parcourir le tunnel dans les deux sens : la perestroïka et la faiblesse du pouvoir, au début des années 1990, ont mené le pays au chaos, après quoi la rame est repartie dans la direction opposée, tout droit vers le nouvel empire poutinien.
Août 1991 a été le tournant, une frontière entre un passé soviétique nauséabond et un avenir qui semblait radieux, plein d'espoir. Nous avons cru que le pays était définitivement dégoûté de la barbarie et que la vie allait désormais suivre un cours nouveau, obéir à de nouvelles lois fondées sur le respect de la dignité humaine. Et, surtout, que le sang ne coulerait plus. Le fait même qu'une tentative de putsch qui aurait pu coûter la vie à des milliers de personnes se soit achevée presque sans effusion de sang paraissait hautement symbolique. Le pays avait payé sa liberté de la vie de trois jeunes gens. Plus symbolique encore, l'un était orthodoxe, le second musulman, le troisième juif. A leur enterrement, auquel nous avons assisté, chacun s'accordait à dire que ces trois garçons avaient donné leur vie pour notre patrie commune, pour la nouvelle Russie libre. Et à croire que le sang coulait pour la dernière fois.C'était, malheureusement, la première d'une longue série. Le temps de l'espérance était fini, faisant place à celui de la désillusion.
En octobre 1993, à Moscou, le nouveau pouvoir "démocratique" a fait tirer depuis des tanks sur son propre peuple. Le sang a de nouveau coulé dans les rues des villes russes, les règlements de comptes entre criminels se sont multipliés. En 1995 a commencé la guerre de Tchétchénie. Sous la rhétorique démocratique de la nouvelle Russie se dessinaient avec netteté les contours de la Russie ancienne, de la Russie éternelle.
Je me souviens des sentiments mêlés avec lesquels je regardais à la télévision les événements de Kiev. La "révolution orange" ! Quelle joie de voir, place de l'Indépendance, les visages heureux de ces jeunes gens qui relevaient la tête pour affirmer leur dignité d'êtres humains ! Et quelle amertume de penser que, quelques années plus tard, ils conspueraient et mépriseraient les leaders mêmes qui les avaient appelés à manifester... C'est ce qui, hélas, s'est produit. Et c'est aussi le scénario que suivent les révolutions arabes des derniers mois. Faites par des gens prêts à donner leur vie pour la liberté et la dignité de l'homme, elles voient périr les meilleurs d'entre eux, après quoi tout recommence comme avant.
En 1991, nous avons été naïfs. Tout nous semblait simple et clair : notre pays avait été confisqué par les bandits communistes, il suffisait donc de chasser le Parti communiste pour que les frontières s'ouvrent et que nous réintégrions la grande famille des peuples qui vivent selon les lois de la démocratie, de la liberté, du respect des droits de la personne.
Ce que, bizarrement, nous n'avions pas vu, c'est que les mots en eux-mêmes n'étaient pas nouveaux. Nous avions oublié que tous ces beaux vocables, sitôt acclimatés en Russie, avaient perdu leur sens premier pour signifier tout autre chose que ce qu'ils étaient censés signifier. Qui pouvait imaginer que le Parti communiste disparaîtrait, mais que, nous, nous resterions, et que ces mots de "démocratie", de "parlement", de "constitution", ne seraient que les instruments d'un combat sans merci pour le pouvoir et l'argent dans la nouvelle Russie libre ?
Le nouvel empire poutinien rappelle ses prédécesseurs tsariste et soviétique. L'autocratie a revêtu des oripeaux démocratiques, mais, pour le reste, rien n'a changé : le déni des droits du peuple et l'arbitraire des dirigeants, la corruption à tous les niveaux, le contrôle des moyens d'information de masse, l'assassinat de journalistes rebelles comme Anna Politkovskaïa, l'emprisonnement des oligarques dissidents comme Khodorkovski. Et malgré tout cela, aux élections, le peuple continue de voter, de son plein gré, pour le parti du pouvoir. Comment ne pas se rappeler ce slogan de l'époque soviétique, qu'on pouvait lire à chaque coin de rue : "Peuple et parti ne font qu'un" ?
Quant aux écrivains, ils sont libres d'écrire et de publier. Il arrive même que des auteurs d'opposition reçoivent de prestigieux prix littéraires. Mais cela témoigne moins du "libéralisme" du régime que de la place marginale consentie à la littérature dans la Russie actuelle. C'est en effet par la télévision que le Kremlin s'assure le contrôle de l'électorat.
La Russie vit en ce moment la révolution de l'Internet. Le développement de l'Internet et des réseaux sociaux, ces dernières années, a atteint une masse critique, permettant de fédérer la partie éduquée de la société. Les leaders des mécontents sont des blogueurs, comme Alexeï Navalny, qui appelle ouvertement à combattre Russie unie, ce "parti des gredins et des voleurs".
Mais cette icône de l'opposition est complètement inconnue de cette part du peuple qui constitue l'électorat de base du pouvoir, car ni lui ni les autres figures de proue de la contestation ne passent à la télévision. L'Internet n'exerce pas encore une grande influence sur les quelque 150 millions d'habitants de la Russie. Mais, le jour où ce sera le cas, il se passera ce qui s'est passé avec la télévision : le pouvoir en prendra le contrôle.
Les variantes possibles sont peu nombreuses. Poutine sortira vainqueur de l'élection présidentielle de mars. Que cette élection soit "honnête" ou non importe peu : le vainqueur la dira régulière, les vaincus la diront truquée.
Ceux qui appelleront à manifester place du Marais ou avenue Sakharov tenteront d'exploiter la défaite pour nourrir des actions de protestation du type de celles qui ont renversé le régime de Kiev ou celui du Caire. Il faut souhaiter que le sang ne coule pas de nouveau. Mais, selon toute probabilité, il coulera quand même. Le va-et-vient de la rame de métro dans le tunnel durera longtemps encore.
De toute évidence, une nouvelle génération est née, qui voudra vivre à son tour l'expérience des barricades, et qui la vivra. Puis elle connaîtra la désillusion.
Mais elle connaîtra aussi cette sensation magnifique, incomparable, que donne le fait de combattre pour ses idéaux. En décembre dernier, je suis retourné à Moscou spécialement pour participer aux manifestations de l'avenue Sakharov. Et j'ai découvert les visages magnifiques de mes compatriotes qui étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur.
Je garde en particulier le souvenir de ces jeunes filles qui brandissaient leurs iPad, sur lesquels elles avaient inscrit leurs slogans. Elles avaient l'air heureuses. Et elles l'étaient, car le bonheur ne dépend ni de la géographie ni du degré de démocratie du système politique.
Traduit du russe par Nicolas Véron
Né en Russie en 1961, s'installe en 1995 près de Zurich. En décembre 2000, il obtient le Booker Prize russe pour son roman "La Prise d'Izmaïl" (Fayard, 2 003), qui le place au premier rang des auteurs russes contemporains. Il a aussi publié "Dans les pas de Byron et Tolstoï" (éditions Noir sur Blanc, 2005), prix du Meilleur Livre étranger ; "La Suisse russe" (Fayard, 2007), et "Le Cheveu de Vénus" (Fayard, 2007), qui a reçu en Russie le Big Book Prize 2006 et le prix Best-Seller 2006
Mikhaïl Chichkine
Poutine annoncé vainqueur de la présidentielle russe
Le premier ministre et homme fort de la Russie, Vladimir Poutine, remporterait au premier tour la présidentielle de dimanche avec 63,42 % des voix après dépouillement de 30 % des bureaux de vote, a annoncé la commission électorale russe. "Cette victoire au premier tour était évidente", a déclaré le chef de campagne de M. Poutine, Sergueï Govoroukhine. "Il n'y aura pas de deuxième tour", a-t-il ajouté.
Président de 2000 à 2008 (deux mandats de quatre ans), puis chef du gouvernement faute d'avoir pu enchaîner un troisième mandat consécutif interdit par la Constitution, M. Poutine, resté l'homme fort du pays malgré la baisse nette de sa popularité, va donc entamer un nouveau mandat, cette fois porté à 6 ans.
UN SCRUTIN "DE VOLEURS"
Le communiste Guennadi Ziouganov arrive en deuxième position avec 17,82 % des voix. Il a aussitôt dénoncé un scrutin "de voleurs, absolument malhonnête". L'opposant libéral Vladimir Rijkov a quant à lui jugé le vote illégitime : "Pas un paramètre ne permet de considérer cette élection comme légitime", a estimé celui qui demeure l'un des leaders des manifestations d'opposition de ces derniers mois.
En troisième position, le populiste Vladimir Jirinovski (8 %) devance le milliardaire Mikhaïl Prokhorov (7,5 %) et le centriste proche du Kremlin Sergueï Mironov (3,67 %). Ces chiffres ont été diffusés dès 21 heures locales (18 heures à Paris) à la fermeture des derniers bureaux de vote à Kaliningrad, enclave russe entre la Pologne et les pays baltes.

Des dizaines de milliers de partisans de partisans de l'homme fort du pays se sont rassemblés à Moscou dans la soirée pour fêter sa victoire.REUTERS/DENIS SINYAKOV
IMPORTANT DÉPLOIEMENT POLICIER
L'ex-agent du KGB s'est présenté devant plusieurs dizaines de milliers de ses partisans en compagnie du président sortant Dmitri Medvedev lors d'un grand meeting dimanche soir Place du Manège, à côté du Kremlin. Selon la police, plus de 100 000 manifestants pro-Poutine se sont rassemblés dans la capitale en début de soirée. "Nous avons gagné dans une lutte honnête", a déclaré l'homme fort de la Russie, les larmes aux yeux, comme on peut le voir sur cette vidéo en russe (retrouvez ici sa transcription en français) :
De très importantes forces de police ont été mobilisées dans le centre de la capitale dimanche soir pour dissuader toute velléité de contestation, donnant par endroit à la ville des allures de camp retranché. Quelque 36 500 hommes, dont des soldats des forces armées du ministère de l'intérieur, ont été mobilisés dans la ville. Des dizaines de camions des forces de l'ordre étaient visibles dans le centre.
La raison de cette mobilisation est "d'assurer pleinement le maintien de l'ordre et la sécurité des citoyens", a souligné un porte-parole de la police de Moscou. Aucun groupe d'opposition n'a pourant appelé officiellement à manifester dimanche soir. L'opposition a appelé à un grand rassemblement Place Pouchkine, dans le centre-ville lundi soir, qui devrait faire de cette journée une étape cruciale pour l'avenir du mouvement de contestation.
MUTLIPLES FRAUDE RELEVÉES
Des partis d'opposition et une ONG russe dénoncent les fraudes dans de nombreux bureaux à travers le pays. Le site control2012.ru, mis en place pour comptabiliser les infractions constatées par la Ligue des électeurs, le parti démocrate Iabloko et les partisans du candidat milliardaire Mikhaïl Prokhorov, avait comptabilisé vers 17 h 30, heure de Paris, plus de 4 500 cas de violation de la législation électorale.
Ce site recensait notamment 327 cas de "transport massif d'électeurs" pour qu'ils votent en groupe (soit un soupçon de vote répété dans différents bureaux grâce à des autorisations frauduleuses) et 103 cas de bourrage d'urnes.
Un possible cas de bourrage d'urnes a d'ailleurs été enregistré par une webcam dans un bureau de vote au Daguestan (Caucase russe). Largement diffusées sur internet, ces images ont fait scandale en Russie et la commission électorale centrale a promis d'annuler le résultat dans ce bureau :
Le chef de la campagne de M. Poutine, Stanislav Govoroukhine, a estimé qu'il ne s'agissait pas forcément d'un bourrage d'urnes. "Selon toute vraisemblance, les responsables mettaient ainsi les bulletins d'une petite urne mobile parce qu'il faut être idiot pour bourrer les urnes au vu de tout le monde," a-t-il déclaré.
"LE MANÈGE"
Le parti communiste dénonce lui aussi toute une série de fraudes, comme celle commise selon ses observateurs dans un bureau de vote de la région de Kirov, où une liasse de bulletins a été jetée dans l'urne. Dans la région d'Orenbourg, tout un groupe de minibus, transportant les électeurs de bureaux en bureaux pour voter plusieurs fois – une pratique appelée "le manège" – a été arrêté, indique le parti communiste sur son site.
L'ONG Golos, qui réalise une carte des fraudes interactive en ligne (www.kartanarusheniy.ru) en coopération avec l'édition russe du magazine américain Forbes, recensait de son côté vers 12 h 30 heure de Moscou (10 h 30 à Paris) plusieurs centaines de violations. A la mi-journée, plus de 2 000 messages de personnes dénonçant des violations avaient été déjà publiés sur le site de l'ONG, qui avertit toutefois que la véracité des informations n'est pas vérifiée.
CAMÉRAS DE SURVEILLANCE
Malgré cette victoire annoncée, l'homme fort de la Russie fait face à une vague inédite de contestation depuis les élections législatives de décembre, entachées par des fraudes massives selon l'opposition. Pour répondre à cette défiance, Poutine a fait installer quelque 180 000 web-caméras de surveillance dans 90 000 bureaux de vote (sur une totalité de 95 000) afin d'éviter les fraudes électorales.
Une idée accueillie avec scepticisme par la mission d'observation électorale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Russie, les web-caméras ne pouvant pas filmer le processus de comptage des bulletins de vote. De premières fraudes ont d'ailleurs déjà été constatées dimanche à Vladivostok, selon le Parti communiste local.
Vladimir Poutine, premier ministre depuis 2008, avait quitté le Kremlin cette année-là faute de pouvoir effectuer plus de deux mandats consécutifs, conformément à la Constitution. Il avait propulsé son subordonné Dmitri Medvedev à la présidence et ce dernier s'est effacé en septembre pour laisser son mentor y revenir en 2012. Une réforme constitutionnelle a porté le mandat de quatre à six ans, si bien que M. Poutine aurait le droit de se représenter en 2018 et pourrait se maintenir au pouvoir jusqu'en 2024.
Vulgus et mendacem
Le Point.fr - Publié le 05/01/2012 à 19:12
S'il n'a pas forcément ri en écoutant Sofia Aram, le patron de
France Inter nie s'être excusé auprès de la cible du jour :
Nadine Morano
Difficile d'échapper au "buzz" du moment : la chronique de Sofia Aram sur France Inter, mercredi matin, qui a scandalisé Nadine Morano et obligé Philippe Val à passer de la pommade à la ministre chargée de l'Apprentissage. Les faits sont connus : Sofia Aram dézingue Nadine Morano en laissant clairement entendre qu'à ses yeux la ministre est idiote et vulgaire. On comprend que ça ne fasse pas particulièrement plaisir à Nadine Morano, laquelle, présente en studio, ne s'est pas privée de dire à la chroniqueuse ce qu'elle pensait de sa chronique.
Nadine Morano prétend avoir reçu des "excuses" de Philippe Val. L'intéressé nie : "Je ne me suis pas excusé. Elle a pris le fait que je l'appelle au téléphone pour une excuse. Dans ce cas de figure, j'ai fait ce que tout patron de France Inter fait quand il y a un incident à l'antenne, j'ai essayé de calmer le jeu. Et puis basta. On passe à autre chose." Selon nos informations, Sofia Aram s'est également envoyé dire quelques vérités par sa direction sur sa chronique "pas très drôle", "manquant d'une heure de travail".
Après la grande époque Guillon, France Inter se trouve exactement dans la même position : des humoristes, plus ou moins inspirés, se transforment en moralistes. Ils calent ensuite leur chronique sur l'invité du jour. Le dispositif de l'antenne est tel que l'invité politique reçoit la chronique en pleine face. Et plus la campagne présidentielle va s'approcher du vote, plus les politiques seront sur les dents. Pour peu qu'un chroniqueur soit plus méchant qu'à l'ordinaire, c'est le clash assuré. Philippe Val n'a pas fini de jouer les pompiers de service tant que la chronique sera lue en face du personnel politique dans une dramaturgie du face-à-face trop violente, même pour des personnages publics.
Le festival continue
Jean-Jacques Bourdin : "Vous dites des bêtises Nadine Morano"
"Vous dites des bêtises Nadine Morano" (BFMTV) par lemondefr
La ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, Nadine Morano, s'est fait reprendre à plusieurs reprises par le journaliste de RMC Jean-Jacques Bourdin dont elle était l'invitée, jeudi 5 janvier, notamment sur le taux de la TVA en Allemagne.
Alors qu'elle défendait le projet de TVA sociale souhaité par le gouvernement, la ministre s'est vue demander par M. Bourdin quel était le taux de la TVA en Allemagne. "La TVA en Allemagne est plus élevée que la nôtre, elle est de trois points supérieure à la nôtre", a-t-elle répondu, quelque peu hésitante. Elle a été aussitôt reprise par le journaliste, qui lui a reproché de "ne pas maîtriser le sujet".
"Elle est de 19 points en Allemagne, la nôtre est à 19,6, vous dites des bêtises Nadine Morano. Vous ne maîtrisez pas le sujet", a dit M. Bourdin.
C'est en effet le taux normal de la TVA allemande. La ministre a ensuite tenté de justifier son erreur, expliquant qu'elle voulait dire que l'Allemagne avait augmenté son taux de TVA de trois points. Quelques secondes plus tôt, M. Bourdin avait corrigé Mme Morano sur une liaison grammaticale erronée.
Vulgaire... et mauvaise joueuse !
"Frédéric Lefebvre, il y a deux semaines, Nadine Morano aujourd'hui. Si j'ai David Douillet la semaine prochaine, j'ai le tiercé dans l'ordre".
"Depuis que je lis vos messages sur Twitter, j'ai découvert que votre esprit était capable d'une grande complexité.
Par exemple, lorsque vous écrivez 'je tape plus vite que mes doigts mais je corrige plus vite que ma pensée'. Vous avez au moins autant de capacité d'abstraction qu'un Jean-Claude Van Damme".
Réaction de Nadine Morano : "Elle est facile celle-là. C'est un Twitto qui l'a écrite. Copieuse !". Si ceci n'est pas vulgaire... ?
A écouter... et pour la suite sur CàVous sur France 5 !!!
Cohen face à Morano !
Et Morano qui "avoue" ne pas écouter France Inter, ce n'est pas la peine de le préciser, on s'en doutait depuis longtemps ...
Chronique du 02 janvier 2012
Nadine Morano pense
Traditions
En cette veille de Noël,
Je vous souhaite de très Bonnes Fêtes
Et vous présente tous mes vœux pour 2012.
Que cette année nouvelle
Vous apporte et à vos proches
Joie, Sérénité, Bonheurs, Santé, et
Réussite dans tous vos projets.
Trinity
"La Joie n'est pas dans les Choses,
Elle est en nous"
Richard Wagner
PS Corruption dans le Pas de Calais
Au PS, les accusations de corruption dans
le Pas-de-Calais sèment le trouble
| 10.12.11 | 10h43 • Mis à jour le 10.12.11 | 12h49

Arnaud Montebourg et Martine Aubry, lors du forum du PS consacré à la rénovation des institutions, le 2 février 2011 à Paris.AFP/PATRICK KOVARIK
A leur agenda du dernier trimestre de 2011, les socialistes avaient programmé deux conventions nationales dont le but était le même : afficher leur unité. La première, consacrée à l'investiture de François Hollande, le 22 octobre, avait été une réussite. Il n'est pas sûr que la seconde laisse le même souvenir : c'est dans un climat beaucoup moins serein que le PS devait se réunir, samedi 10 décembre, pour investir ses candidats aux législatives.
Déjà minée par les frustrations issues de l'accord électoral scellé entre le PS et les écologistes, cette convention nationale coïncide en effet avec une affaire dont les socialistes se seraient bien passés : l'installation d'une commission d'enquête visant la plus importante de leurs fédérations, celle du Pas-de-Calais, avec en toile de fond un violent affrontement entre Martine Aubry et Arnaud Montebourg.
Deux jours auront suffi pour que les projecteurs se braquent sur le Pas-de-Calais, l'une de ces "fédés" dont les pratiques réputées douteuses ont longtemps été tolérées par la Rue de Solférino. Jeudi 8 décembre, Mme Aubry a donc sévi. En plus de demander à l'ancien ministre Alain Richard d'enquêter sur le fonctionnement de cette fédération, la première secrétaire a décidé de "geler" la candidature de Jean-Pierre Kucheida aux prochaines législatives.
Député et maire de Liévin depuis 1981, cet ancien professeur d'histoire-géographie a été cité comme la pièce centrale d'un supposé "système" de corruption et de financement occulte par un ancien élu socialiste du département, Gérard Dalongeville, lui-même placé sous contrôle judiciaire pour des faits liés à sa gestion d'Hénin-Beaumont, ville dont il a été maire de 2001 à 2009.
"CE N'EST PAS MON STYLE DE JOUER LES JUSTICIERS"
Devant quelques journalistes, mercredi matin, la première secrétaire du parti avait assuré qu'elle n'avait pas l'intention d'"empêcher Jean-Pierre Kucheida de se présenter". En vingt-quatre heures, elle a donc changé d'avis. "Entre-temps, Kucheida a reconnu s'être servi de sa carte bleue de façon douteuse. On est passé de rumeurs à des faits reconnus par l'intéressé lui-même. Ça change tout", expliquait Mme Aubry au Monde, vendredi soir.
Pas question, cependant, de sanctionner M. Kucheida plus lourdement qu'en sursoyant à son investiture, précise Mme Aubry : "Je ne condamne pas les gens avant que la justice ait travaillé. Je respecte la présomption d'innocence. Ce n'est pas mon style de jouer les justiciers." Sous-entendu : pas comme Arnaud Montebourg qui, le 21 novembre, lui avait demandé par écrit de ne pas investir deux députés sortants du Pas-de-Calais : Jean-Pierre Kucheida et Albert Facon, élu à Hénin-Beaumont.
En plus de s'accuser mutuellement d'avoir fait "fuiter" une lettre qui devait rester confidentielle, les deux anciens candidats à la primaire se soupçonnent d'arrière-pensées qui ont fort peu à voir avec le souci de l'intérêt général.
"Comme d'habitude, Arnaud est obsédé par l'idée de faire parler de lui en jouant les chevaliers blancs. La réalité, c'est qu'il voulait libérer une circonscription pour Aquilino Morelle", son directeur de campagne pendant la primaire, assure un proche de Mme Aubry. Faux, rétorque-t-on dans l'entourage de M. Montebourg, lequel refuse de "commenter publiquement" cette affaire. "S'il y en a une qui veut tirer profit de la situation, c'est Martine : elle essaie de montrer qu'elle agit autrement que dans les Bouches-du-Rhône, où elle avait délibérément ignoré les preuves apportées par Arnaud sur le système Guérini."
POUR LANG, "MONTEBOURG EST COMPLÈTEMENT FRAPPÉ"
Dans le camp Montebourg, on suggère aussi que Martine Aubry veut nuire à François Hollande, en lançant une enquête qui va remonter aux années où il était premier secrétaire.
Sous couvert d'anonymat, un proche du candidat socialiste estime que "cette explication n'a pas de sens : qu'Aubry veuille vendre son bilan à la tête du PS, oui, mais ce n'est pas dans son intérêt de plomber la campagne de 'François'". Le candidat socialiste, lui, entend rester soigneusement à l'écart et ne souhaite pas s'exprimer sur cette affaire. Pendant la primaire socialiste, M. Kucheida lui avait apporté son soutien.
L'affaire pourrait n'être que le énième affrontement de deux personnalités qui ont fait de la rénovation du parti l'un de leurs principaux combats. Mais dans sa lettre à Martine Aubry, Arnaud Montebourg vise aussi Jack Lang, dont la présence dans le Pas-de-Calais "n'est qu'un des tristes symptômes" des "complicités" dont "jouit au plan national" le "système de la corruption des élus" de ce département.
"Montebourg est complètement frappé", indiquait au Monde l'ancien ministre de la culture vendredi soir, après avoir annoncé qu'il porterait plainte contre lui. Pour M. Lang, "le chevalier blanc n'est pas si blanc : il voudrait servir Sarkozy qu'il ne s'y prendrait pas autrement".
Thomas Wieder
Lang n'est pas réinvesti !
Législatives : le PS investit ses candidats,
sans Jack Lang

Martine Aubry, première secrétaire du PS, lors de la convention d'investiture des candidats socialistes aux élections législatives, le 10 décembre à La Défense.AFP/PATRICK KOVARIK
Le Parti socialiste a très largement validé les investitures pour les élections législatives, samedi 10 décembre. La convention du PS a adopté par 164 voix sur 174 (6 contre, 4 abstentions) le rapport présenté par Christophe Borgel, secrétaire national aux élections.
Au total 420 candidats ont été désignés, mais une vingtaine de circonscriptions restent gelées. Leur cas sera tranché lors d'un bureau national en janvier.
>> Lire "Les concessions de M. Hollande pour les législatives font des mécontents au PS"
JACK LANG AVAIT REFUSÉ DE SE PRÉSENTER AU VOTE DES MILITANTS
Jack Lang, qui avait refusé de se présenter au vote des militants le 1er décembre, n'a pas été investi dans le Pas-de-Calais, dont il est député sortant, a indiqué Christophe Borgel. Le PS a investi Brigitte Bourguignon, adjointe au maire PS de Boulogne-sur-Mer et secrétaire nationale aux sports du parti, dans la 6e circonscription où était élu l'ancien ministre. Selon M. Borgel, Jack Lang ne pouvait pas être investi, n'étant de fait pas candidat en ayant refusé de passer par le suffrage des militants.
Brigitte Bourguignon s'est dite "ravie et fière". "C'est énorme pour moi, d'autant que je n'y croyais pas autant que je voulais bien le dire [parce que] je savais quel était le poids de Jack Lang auprès du PS, a-t-elle déclaré à l'issue de la convention. Je savais que malgré le vote des militants, il y avait le risque qu'il soit imposé."
Jack Lang a annoncé n'avoir "fait aucune demande de recours auprès de la convention". "Je n'étais pas candidat dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais pour des raisons politiques et personnelles", a-t-il déclaré. L'ancien ministre, qui a assuré vouloir être candidat aux législatives en 2012, a affirmé que le PS "se propose de [lui] trouver une autre solution".
Cette annonce intervient alors que la fédération socialiste du Pas-de-Calais est suspectée de "corruption", notamment par Arnaud Montebourg, qui avait adressé une lettre dans ce sens à Martine Aubry. Le député de Saône-et-Loire mettait nommément en cause Jack Lang. Ce dernier a répliqué vendredi en annonçant son intention de porter plainte contre M. Montebourg, dont il dénonce "les diatribes et les appréciations à l'emporte-pièce".
>> Lire "Au PS, les accusations de corruption dans le Pas-de-Calais sèment le trouble"
Et encore une dérive sécuritaire !!!
Cet été, en pleine période de vacances, il a été publié au Bulletin Officiel de l'Education Nationale plusieurs articles concernant la discipline dans les établissements du secondaire. Dans ces articles, il apparait un nouveau glissement (dangereux) pour l'avenir des jeunes en difficultés et l'avenir de leur famille. La fin de l'extrait est significative des dérives sécuritaires dans lesquelles s'enfoncent notre pays !!!
Bulletin officiel spécial n°6 du 25 août 2011
Organisation des procédures disciplinaires dans les collèges, les lycées et les établissements régionaux d'enseignement adapté, mesures de prévention et alternatives aux sanctions
NOR : MENE1120336C
circulaire n° 2011-111 du 1-8-2011
MEN - DGESCO B3-3
I - Les punitions scolaires, les sanctions et les mesures
alternatives à la sanction (…)
B. Les punitions et les sanctions disciplinaires (…)
2 - Échelle et nature des sanctions applicables
L'échelle des sanctions fixée à l'article R. 511-13 du code de l'Éducation est reproduite dans le règlement intérieur. Toutefois, le juge administratif (CE, 16 janvier 2008, MEN c/Mlle Ayse A, n° 295023) considère que, même en l'absence de toute mention dans le règlement intérieur, l'échelle des sanctions réglementaires est applicable de plein droit.
b) Nature des sanctions (…)
6) L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes peut avoir des conséquences préjudiciables à la scolarité de l'élève et apporte rarement une solution durable au problème posé. Le conseil de discipline est seul compétent pour prononcer cette sanction.
Lorsque l'exclusion définitive de l'établissement apparaît néanmoins inévitable et en particulier lorsque l'élève est encore soumis à obligation scolaire, l'inspecteur d'académie-directeur des services départementaux de l'Éducation nationale, informé dès le début de la procédure, doit veiller à une réaffectation concomitante afin de garantir la continuité de la scolarité de l'élève ; un accueil spécifique devra être mis en place dans le nouvel établissement d'affectation pour favoriser son intégration.
En application de l'article D. 511-30 du code de l'Éducation, si l'élève a déjà fait l'objet d'une exclusion définitive au cours de l'année scolaire, l'information préalable de l'inspecteur d'académie-directeur des services départementaux de l'Éducation nationale, est obligatoire.
En application de l'article L. 131-6 du code de l'Éducation, le maire de la commune où est domicilié l'élève doit être informé de la durée des sanctions d'exclusion temporaire ou définitive de l'établissement prononcées à l'encontre des élèves, afin de lui donner la possibilité de prendre les mesures à caractère social ou éducatif appropriées, dans le cadre de ses compétences.
J'adooore !
Autant je trouve parfois le discours des Chiennes de Garde complétement ringard... mais là pour une fois, je suis d'accord, encore et encore !!!
Osez le féminisme ! (ICI)
No comment tout est dit dans la photo...
www.madameoumadame.fr (ICI)
Mademoiselle, la case en trop !
Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi on n'appelait pas un homme célibataire « Mondamoiseau », voire « jeune puceau » ? Pas étonnant, ce type de distinction est réservé aux femmes…En effet, en France, en 2011, les femmes et les hommes ne sont toujours pas logés à la même enseigne : civilité unique pour les hommes, double civilité pour les femmes !
Osez le féminisme et les Chiennes de garde lancent donc une campagne intitulée « Mademoiselle, la case en trop » pour rappeler que la distinction Madame/Mademoiselle n’est ni flatteuse, ni obligatoire. Et surtout, qu’elle est le signe du sexisme ordinaire qui perdure dans notre société.
Cette campagne a vocation à mettre fin à cette inégalité, mais aussi à informer les femmes de leurs droits et à mettre à leur disposition des outils pour faire changer leur civilité.
Les femmes et les hommes ne sont pas, aujourd'hui en France, à égalité sur le plan de leur civilité. Les hommes sont appelés toute leur vie «monsieur». À l’inverse, les femmes sont «mademoiselle», puis «madame». Et le passage de l’un à l’autre ne dépend ni de leur âge, ni de leur statut professionnel, mais bien de leur statut marital. «Mademoiselle» a donc un caractère intrusif, que «monsieur» ou «madame», plus neutre, n’ont pas.
Ce n’est pas flatteur !
Il est bien plus poli d’appeler une femme «madame», et ainsi de ne pas porter de jugement sur sa vie privée. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas flatteur de laisser entendre à une femme qu’elle est "disponible", notamment dans un contexte professionnel !
Ce n’est pas obligatoire !
Beaucoup de femmes pensent que cette civilité a un caractère obligatoire, qu'il faut justifier d'un mariage pour être appelée « madame ». Pourtant, ce n'est pas le cas. Lorsque le statut marital a une importance, dans les relations avec l'administration fiscale par exemple, il est demandé, indépendamment de la civilité utilisée. Une femme peut donc dès sa naissance être appelée Madame, sans fournir la moindre justification.
Nous demandons à ce que l'usage de principe soit la civilité « Madame »,
plus neutre et équivalent de Monsieur.
Et le nom de jeune fille ?
Le «nom de jeune fille», tout comme le «mademoiselle», datent d’une époque où les femmes n’étaient pas autonomes et dépendaient d’abord de leur père, puis de leur mari. Puisque ce temps est aujourd’hui révolu, les termes doivent eux aussi changer !
Nous demandons que le terme «nom de jeune fille» dans les documents administratifs,mais aussi dans les formulaires des entreprises, soit remplacé par le terme «nom de naissance».
Soyez actrices et acteurs de la campagne !
>> Retrouvez sur le site un kit pour faire changer votre civilité auprès de tous vos interlocuteurs.
Relayez la campagne autour de vous !
>> Relayez l’affiche et le badge (en pièce jointe), le mail-type à envoyer aux députés et au gouvernement, le kit de changement de civilité.
>> Faites circuler les chroniques vidéos réalisées spécialement pour la campagne : « Dites le en clown » et « Ma vie de mademoiselle ».
La gueule de l'emploi
L'excellente emission INFRA Rouge de
propose ce jeudi 6 octobre un documentaire sur le recrutement dans les grandes entreprises. “La Gueule de l'emploi”, un documentaire de Didier Cros sur l’obscénité du processus de recrutement et la violence du monde du travail.
Synopsis de La gueule de l'emploi
Dix candidats, des commerciaux en quête d'emploi, sont convoqués pour une session de recrutement collectif. Ils ont deux jours pour se distinguer les uns des autres et espérer décrocher un poste. Les candidats sont soumis à une avalanche de questions qui, pour beaucoup, n'ont rien à voir avec le travail auquel ils aspirent. Ils sont contraints à des tests souvent infantilisants, voire humiliants. L'entretien d'embauche n'a rien d'une sinécure et ressemble plus à une entreprise de déstabilisation qu'à une évaluation réelle des compétences. Tout est mis en oeuvre pour pousser les candidats à l'affrontement, comme dans un jeu télévisé qui consiste à éliminer le soi-disant plus faible de l'équipe. Une épreuve dont on ne sort pas indemne.
La critique TV de télérama du 01/10/2011
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« Hervé, le débat doit profiter à tout le monde. Y a des gens qui travaillent. Un peu de respect. [...] Hervé, si j'ai besoin d'un avocat, je ferai appel à vous. Là, je cherche un vendeur. [...] La cravate, Hervé, c'est une prescription médicale ? » Belle gueule indisciplinée, Hervé a bien du mal avec le dispositif imaginé par le cabinet de conseil en recrutement, mandaté par le GAN pour lui dénicher des commerciaux. Une session de deux jours où dix hommes et femmes vont devoir se distinguer pour décrocher le boulot. Au fil des jeux de rôle, scandés par les humiliations et les déstabilisations, l'affrontement entre les candidats va crescendo. « On n'est pas au pays de Barbie. Mais là, on écrase trop l'autre, observe Gérard. On joue le jeu du recruteur, qui s'est régalé. » Quand d'aucuns abdiquent, préférant partir, comme Didier, gêné à l'idée de « vendre un être humain comme par le passé », d'autres n'hésitent pas à pousser leur avantage de façon immonde : « Julie, elle est bonne pour faire vendeuse chez Pimkie, elle a pas le profil du tout. »
Sous l'oeil de la caméra de Didier Cros se déploient, en temps réel, la violence et la cruauté du monde du travail. Mêlant deux niveaux de narration - la captation des séances collectives et le débriefing individuel quinze jours plus tard -, le documentaire restitue la montée en puissance des individualités antagoniques au sein du groupe, les mécanismes, attisés par le staff des recruteurs, qui mènent à l'affrontement et à l'élimination symbolique des plus fragiles ou des moins soumis. Insensiblement, la dramaturgie broyeuse se noue, ironiquement ourlée de la bande-son de La séquence du spectateur. Surlignant, par son ironie grinçante, l'obscénité du processus de recrutement, symptomatique d'une société de plus en plus âpre.
Marie Cailletet
No comment !!!!
Arabie Saoudite: les femmes pourront
voter... en 2015
Par Nadéra Bouazza, publié le 26/09/2011 à 16:46
Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite a annoncé que les femmes auront le droit de voter aux prochaines élections municipales. La monarchie miserait-elle là-dessus pour prévenir toute contagion révolutionnaire?
En Arabie Saoudite, les femmes, ne peuvent pas voyager, conduire ou travailler. Mais dés 2015, elles partageront avec les hommes le droit de vote. "Parce que nous nous refusons à marginaliser les femmes de la société (...), nous avons décidé, après avoir consulté les oulémas et d'autres personnalités, d'associer les femmes dans le conseil consultatif, comme membres à partir de la prochaine législature", a déclaré le roi Abdallah d'Arabie Saoudite. "Les femmes saoudiennes sont entrées ce dimanche pour la première fois de leurs histoires dans le champ de la vie politique saoudienne", écrit de son côté le quotidien al-Hayat
Devant les membres du conseil consultatif, le roi a ajouté que les femmes pourront également se présenter aux élections municipales. "Le roi Abdallah apporte la victoire aux femmes", s'exclame le quotidien saoudien Okaz. Le quotidien n'omet cependant pas de rajouter que le Conseil consultatif n'a aucun pouvoir législatif et n'exerce aucun contrôle sur l'exécutif. Comme pour rassurer ses lecteurs conservateurs.
Même s'il y a des éléctions municipales ce jeudi, les femmes devront attendre 2015 pour exercer leurs droits, en participant à une municipale partielle, dans un pays où seules ces élections sont organisées par le pouvoir wahhabite. Le conseil consultatif pourra également accueillir des femmes, sauf que ce conseil est principalement composé de membres nommé par le pouvoir. Ce qui atténue le pouvoir politique de cette instance consultative, à la botte de la monarchie. Le droit de vote des femmes sera donc avant tout symbolique, parce que le droit de vote tout court est symbolique en Arabie Saoudite, qui reste un régime autoritaire.
La Maison Blanche s'est toutefois empressée d'applaudir la décision de son allié stratégique dans la région.
Crainte d'une contagion du printemps arabe
Ce nouveau droit alloué aux femmes, le roi l'a annoncé quatre ans avant l'échéance électorale. Dans un contexte de révolte dans certains pays du monde arabe, et même chez ses voisins, le roi saoudien n'a-t-il pas voulu prendre les devants avant que la vague révolutionnaire ne l'atteigne ? Inquiète, l'Arabie Saoudite envoyait le 13 mars dernier ses chars place de la perle à Manama pour étouffer le vent de contestation qui menaçait la monarchie du Bahrein, son proche voisin. L'intervention de Ryad avait porté un coup fatal à la mobilisation, dont la place de la perle était le coeur névralgique.
Ce contexte politique, le roi Abdallah l'a à l'esprit. "Une modernisation équilibrée, en conformité avec nos valeurs islamiques qui défendent les droits, est une demande importante de ce siècle où il n'y a plus de place pour les récalcitrants", déclarait ce dimanche le guide de la monarchie wahhabite. Le roi saoudien pensait certainement aux présidents, amis de la monarchie et happé par le printemps arabe; le dictateur tunisien Ben Ali en exil justement en Arabie Saoudite, Hosni Moubarak jugé sur une civière, le lader yéménite Ali Abdallah Saleh, en proie à une contestation depuis plusieurs mois.
ARABIE SAOUDITE. Le vote des femmes,
un écran de fumée ?
Publié le 26-09-11 à 18:42 Modifié à 19:00 par Sarah Halifa-Legrand
Le roi Abdallah promet que les femmes auront enfin le droit de vote en 2015. Un parfum de jasmin monte-t-il du royaume ultraconservateur ? La militante saoudienne Wajeha Al-Huwaider n'y croit absolument pas. Interview.
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Saoudiennes dans un centre commercial à Riyad (FAYEZ NURELDINE-AFP)
Le roi Abdallah a annoncé dimanche qu'il accorderait le droit de vote aux femmes à partir des prochaines élections municipales en 2015. Comment expliquer cette décision ?
- Je pense que ce sont les révolutions arabes et les critiques répétées au sujet de la situation des droits des femmes en Arabie Saoudite qui ont poussé le roi à prendre cette décision. La région est depuis des mois en ébullition et lui n'a toujours rien fait pour sa population.
Est-ce une grande victoire ou seulement un geste symbolique ?
- Ma première réaction a été d'applaudir à cette annonce. Mais ensuite, en y regardant de plus près, j'ai été très déçue. Ce que le roi nous promet, ce n'est pas une vraie réforme. C'est dans la continuité de ce qu'il a fait jusqu'ici pour les femmes : des gestes symboliques, comme la nomination d'une femme à un ministère, c'est tout. On attend une décision qui change vraiment la vie de la population. Quelques femmes vont bénéficier du droit de vote, mais cela ne changera rien pour la vie quotidienne des Saoudiennes qui n'ont même pas le droit de sortir de chez elles sans être accompagnées par un membre masculin de leur famille, ni de conduire.
En ce sens, il se contredit lui-même : il compte donner le droit de vote à des personnes qu'il considère immatures ! Il ne suffit pas de faire voter les femmes, il faut les traiter à égalité avec les hommes. Et on part de très loin. En Arabie Saoudite, un homme peut jeter son épouse hors du foyer et garder avec lui les enfants sans qu'elle ne puisse protester. Si une femme est tuée, sa vie ne compte que pour la moitié de celle d'un homme… Je pourrais continuer l'énumération très longtemps, tant la liste des discriminations faites à l'égard des femmes est longue…
Et puis, encore faut-il qu'on l'ait vraiment un jour ce droit de vote. Car on ne nous le promet que pour dans quatre ans. Même chose pour la représentation des femmes au Majlis al-Choura [l'assemblée consultative, NDLR.], ce ne sera que dans deux ans. Entre-temps, qui sait ce qui peut se passer. Cela donne le temps de changer d'avis… On nous a déjà fait tellement de promesses qui n'ont pas été tenues !
Le roi a choisi la voie la plus rapide pour régler, en apparence seulement, le problème. Cela lui permet de clamer au reste du monde que l'Arabie Saoudite améliore le sort des femmes. C'est tout.
Peut-on penser qu'il cherche ainsi à désamorcer un mécontentement social qui pourrait se transformer en révolution, comme cela a été le cas dans les pays dits du printemps arabe ?
- Nous n'avons pas les fondations nécessaires à une révolution. Nous n'avons pas les ONG, une population suffisamment éduquée pour pousser à plus de réformes, nous n'avons pas de partis politiques… Nous n'avons rien de ce qui permet un soulèvement du type de ceux du printemps arabe. Dans ces conditions, une révolution serait très probablement synonyme de chaos, et les extrémistes s'en empareraient… Le slogan, en ce moment, c'est d'ailleurs que "l'Arabie saoudite ne va pas traverser une révolution mais une évolution".
Une évolution que risque de compromettre la frange ultraconservatrice de la société saoudienne…
- Ce n'est pas dit. Si les extrémistes contrôlent la société depuis si longtemps, ce n'est pas parce qu'ils sont la majorité, mais parce que le gouvernement les a laissés prendre le pouvoir sur toutes les institutions du royaume. Aujourd'hui, la majorité, ce sont les jeunes, les moins de 25 ans, qui représentent 60% de la population. Or, ils veulent le changement, mais on ne leur donne pas les moyens de s'exprimer, de faire bouger les choses.
Si le roi tient ses promesses, serez-vous candidate ?
- Je préfère poursuivre mon travail de militante plutôt que de devenir politicienne. Car je ne veux pas être limitée par le fait d'être membre du gouvernement. Ce que je souhaite, c'est une loi qui autorise les ONG... Encore un droit que l'on n'a toujours pas.
Interview de Wajeha Al-Huwaider* par Sarah Halifa-Legrand
*Wajeha Al-Huwaider compte parmi les militantes les plus importantes de la société saoudienne. Elle se bat depuis dix ans pour les droits des femmes dans son pays.
Qûmran
Des manuscrits de la mer Morte mis en ligne sur Internet
LEMONDE.FR avec AP | 26.09.11 | 15h09 • Mis à jour le 26.09.11 | 15h27
Un fac similé du livre d'Isaïe au musée d'Israël à Jérusalem, septembre 2011.REUTERS/BAZ RATNER
Environ deux mille ans après leur rédaction et quelques décennies après leur découverte dans des caves du désert de Judée, certains des manuscrits de la mer Morte sont désormais lisibles en ligne, depuis lundi 26 septembre.
Le musée national d'Israël s'est associé au géant Google pour rendre accessible sur Internet cette collection de textes bibliques et apocryphes, acquis par l'Etat hébreux entre 1947 (date de leur découverte à Qumrân, à 20 km au sud-est de Jérusalem) et 1967.
Cinq manuscrits sont publiés lundi, qui incluent le livre d'Isaïe. La technologie fournie par Google permet aux lecteurs de chercher un passage spécifique dans le texte et de le traduire en anglais.
DÉCOUVERTS PAR DES BERGERS BÉDOUINS
Ces textes inscrits sur des rouleaux de parchemin de 10 à 20 cm de largeur, sur du papyrus ou sur des fragments de cuir, ont été rédigés entre 250 av. J.-C. et 100 apr. J.-C. Le quart de ces fragments est à l'origine de deux religions révélées, le judaïsme et le christianisme : ils contiennent les copies connues les plus anciennes de la plupart des textes de la Bible hébraïque (seul le livre d'Esther manque à l'appel). Ils sont rédigés en araméen, langue officielle de Babylone et alphabet choisi par les rabbins, au IIe siècle, pour écrire l'hébreu.
Ils avaient été découverts par des bergers bédouins, sur les bords de la "mer de Sel" des Hébreux, où le récit biblique situe les villes maudites de Sodome et Gomorrhe.
Google travaille également avec le musée d'Israël à Jérusalem pour créer la première édition numérique compréhensive des manuscrits. Ces copies, qui doivent servir de base au travail des chercheurs – et qui seront accessibles à tous sur Internet – permettront au musée de ne plus sortir les originaux de leurs réserves que très exceptionnellement, par souci de conservation.
Saisir un juge sera bientôt payant
Saisir un juge sera bientôt payant
Dès le 1er octobre, il faudra payer 35 euros pour solliciter la Justice, notamment les prud'hommes.
Jusqu'à présent, saisir un juge était gratuit, en première instance comme en appel. A partir du 1er octobre, les justiciables devront mettre la main à la poche avant même de s'attacher les services d'un avocat et s'acquitter d'un droit de timbre de 35 euros. Une mesure qui choque tout particulièrement dans le milieu des prud'hommes.
Cette mesure a été votée le 29 juillet dans le cadre du projet de loi de finances rectificative visant à équilibrer les coûts publics avec l'instauration de la réforme de la garde à vue, qui permet désormais aux gardés à vue de solliciter un avocat dès les premières minutes de la procédure.
Si la somme ne paraît pas exorbitante, elle pourrait faire hésiter ou reculer certains justiciables, notamment les plus précaires lors de la saisine des prud'hommes. "Imaginez un salarié à temps partiel qui ne gagne que quelques centaines d'euros par mois. Si, demain, il se retrouve licencié et que son patron refuse de lui donner sa feuille de paie ou son attestation Assedic, il devra payer 35 euros pour réclamer un simple papier. C'est un véritable scandale", s'insurge Jean-Pierre Gabriel, responsable du secteur juridique à la CGT.
"C'est un véritable scandale" :
"Ce serait un véritable scandale" par Europe1fr
Pour les adversaires de la mesure, c'est le libre accès à la justice qui est remis en cause à travers cette mesure. Avocats et magistrats se sont également levés contre celle-ci.
90 millions d'euros de recettes attendus
Ce droit de timbre de 35 euros concerne toutes les actions intentées devant les tribunaux judiciaires, dont les prud'hommes font partie, mais aussi administratifs. Quelques cas d'exemption ont toutefois été prévus par la loi : le contentieux du surendettement, celui des tutelles ou des affaires familiales, le contentieux des étrangers, le contentieux électoral, la saisine du juge des libertés et de la détention, les procédures de redressement et de liquidation judiciaires... Les plus précaires, éligibles à l'aide juridictionnelle, seront aussi exemptés de ce droit de timbre.
En France, 3,2 millions de procédures sont intentées chaque année devant les tribunaux civils ou administratifs. Seules 700.000 d'entre elles seraient soumises à l'exemption du droit de timbre. La manne s'élèverait à 90 millions d'euros chaque année, la somme que s'attend à débourser l'Etat pour sa réforme de la garde à vue...
Le ministère de la Justice prépare un décret d'application qui devrait sortir dans les prochains jours pour préciser les conditions d'application de ce droit de timbre.
Harcèlement téléphonique
Pourvoir ENFIN être débarrasé des coups de fils commerciaux... Inscrivez vous sur le site ci-dessous et dès le 1er décembre 2011, le service se mettra en place.
Sidération
Ce Johann en mérite des claques.
Ce soir, je suis tombée par hasard à un débat sur Europe 1 autour d'une polémique qui enfle sur le net autour d'une application pour i.phone
Cf l'article ci dessous.
Cela m'a rappelé quand devant demander un permis de travail helvétique, j'ai du répondre à la question concernant ma confession. C'est à ce moment que je crois que j'ai pris conscience d'être française et de l'imprégnation culturelle de la laïcité.
Ce qui me choque ce sont les justifications de ce Monsieur Jonathan qui nous dit, ben moi aussi je suis juif et face aux souvenirs liés à la déportation, il ajoute "moi aussi ma famille a été déportée" !
Quelque soit notre confession, cela relève de notre vie privée et la mettre en avant quelqu'elle soit me semble plus que douteux.
"Juif ou pas juif", l'appli qui dérange
Une application pour iPhone qui recense les personnalités juives fait polémique.
Le créateur cette application se défend de tout antisémitisme, des associations ont porté plainte.
Juif ou pas juif ? Pour 0,79€, cette application pour iPhone vous permet de savoir si votre star préférée ou votre député est d'origine ou de confession juive. Un scandale pour les associations juives. Le concepteur de l'appli lui ne comprend pas la levée de boucliers.
Jésus-Christ parmi les "Juifs populaires"
Mise en ligne début août, l'application a connu un succès phénoménal grâce à la polémique : en quelques heures mardi, "Juif ou pas juif ?" s'est hissé au troisième rang u Top 25 des applications payantes de l'iPhone. Elle permet de faire une recherche par nom ou par catégorie mais aussi de découvrir les "Juifs populaires" - dont Jésus-Christ - ou une personnalité "au hasard".
© DR
Les associations juives se sont dites scandalisées. SOS Racisme a annoncé son intention de porter plainte contre le créateur de l'application et demande à Apple de la retirer sans délai, sous peine d'être poursuivi aussi. L'Union des étudiants juifs de France ne portera pas plainte mais a demandé "un rendez-vous en urgence à Apple France".
Une appli "pour distraire"
Johann Lévy, l'ingénieur qui a créé l'application, se défend quant à lui de toute volonté antisémite. Interrogé par Le Nouvel Obs, il s'est dit très surpris de l'ampleur de la polémique. Il explique s'être borné à faire un travail de "consolidation de données disponibles partout sur internet, sur Wikipedia, sur de nombreux blogs". Selon lui, "le but de cette application est uniquement de distraire. Rien de plus".
Pourtant, en établissant une liste de personnalités en fonction de leur religion, sans leur consentement, Johann Lévy s'est placé hors la loi. Le code pénal prévoit en effet cinq ans de prison et 300.000 euros d'amende pour "le fait, hors les cas prévus par la loi, de mettre ou de conserver en mémoire informatisée, sans le consentement exprès de l'intéressé, des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître (...) les opinions (...) religieuses". Apple, considéré comme éditeur et non pas hébergeur de l'application, risque les mêmes sanctions.
Johann Lévy sera l'invité de Des clics et des claques mardi soir sur Europe 1.
"Juif pas juif ?" : l'application iPhone qui me donne la nausée
LE PLUS. "juif ou pas juif ?" L'existence de cette application iPhone, qui permet de savoir quelle célébrité est de confession juive, a de quoi surprendre. Taxé d'antisémite, son créateur s'en est expliqué sur Le Plus. Cela n'a pas calmé notre contributeur Paul Tian...
"Juif, pas juif ?" Quand j’ai découvert par les médias cette application pour iPad et iPhone, je me suis pincé.
J’ai cru un court moment qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Certes une plaisanterie débile, mais une plaisanterie quand même. Il a bien fallu que je me rende à l’évidence : cette application existe, et il y a bien derrière elle, un créateur. Un certain Johann Levy, qui, face à la polémique montante, a de suite précisé qu’il était, bien entendu, juif.
Cette appli indique qui sont les célébrités juives et si leur judéité vient d’un parent ou d’une conversion, classées par catégories (cinéma, musique, business, journalistes politiciens, scientifiques, sportifs). 3.501 personnes y figurent. Et dans sa fiche de présentation on peut lire qu’il ne faut surtout pas y voir "une démonstration quelconque de la supériorité ou (encore moins) de la dominance d’une race sur une autre".
Ben voyons !
SOS Racisme a annoncé hier avoir demandé à Apple de "retirer sans délai [cette] exploitation commerciale d'une base de données à caractère ethnique". "C'est totalement contraire aux règles de notre société en France", a renchéri auprès de l'AFP le président du Crif, Richard Prasquier. "Je ne peux pas être favorable à des fichiers sauvages sur des appartenances religieuses".
Des plaintes pourraient viser non seulement le créateur de l’application, mais aussi la société Apple, qui l’a validée, et qui l'héberge toujours.
Ce mercredi, sur Le Plus, le créateur de l’application se demande ce que l’on peut bien lui reprocher et si le scandale serait arrivé de la même façon s’il avait appelé son application "breton, pas breton ?"
Parce que Breton c’est une race, une religion ? Parce que les bretons ont connu dans l’Histoire contemporaine un génocide ? Parce qu’un fou furieux a eu un jour l’idée de supprimer tous les bretons de la terre, de les éliminer dans des chambres à gaz ?
Votre application, monsieur Johann Lévy, sent le souffre. Vous jouez dangereusement avec un antisémitisme latent qui n’a toujours pas disparu ici, en France, et ailleurs. Elle me fait penser à La France Juive de Drumont, un pamphlet datant de 1886, pour la première édition, et qui fut autrefois un best-seller antisémite avec la présence d’un index des noms propres où l’auteur recensait tous les noms des notables juifs. Le livre fut réédité en 1938… Vous connaissez la suite.
Vous comptez dans votre famille plusieurs déportés. Franchement vous auriez dû penser à eux pour ne pas mettre sur le marché cette application qui, n’en vous déplaise, flatte les plus bas instincts de certains de nos compatriotes. Vous n’êtes pas censé ignorer que plus de soixante après la défaite du nazisme, il y a encore des gens qui vérifient sur Google la judéité de telle ou telle personnalité. Vous vouliez peut-être faciliter leur recherche ?
Je fais partie, monsieur Johann Lévy, d’une génération qui a été marquée par la Shoah. Une shoah racontée par nos familles, par les rescapés, par ceux qui ont tout fait pour que cette terrible période de l’histoire contemporaine ne disparaisse à jamais de nos mémoires. J’ai encore le souvenir de ce vieux monsieur qui nous racontait comment il avait été dénoncé par ses voisins, parce qu'il portait un nom à consonance juive. Pour éviter les trains de la mort, il avait dû fournir un faux certificat de baptême, lui qui était communiste.
J’espère sincèrement que votre application nauséabonde sera retirée rapidement par Apple et que vous retomberez dans l’anonymat. Je ne vous souhaite même pas de procès, car cela vous ferait trop de publicité.
"Juif ou pas juif"... Et si j'avais appelé
mon application "breton ou pas breton" ?
JUIF OU PAS JUIF ? Taxé d'antisémite pour avoir créé une application iPhone proposant de naviguer à travers une liste de personnalités "juives", Johann Levy s'explique.
Juif pratiquant, descendant d'une famille dont certains membres ont été déportés durant la seconde Guerre mondiale, j'ai été taxé hier d'antisémite. Mon tort ? Avoir créé l'application iTunes "juif ou pas juif", qui permet de savoir qui est juif ou non parmi une liste de personnalités, dans des catégories très diverses. Il s'agissait de ma première application personnelle, et je regrette qu’un buzz aussi négatif ait suivi sa sortie. Je regrette certains articles, certains dessins, notamment sur “Le Plus”. Ramener Hitler là-dedans est pour moi complètement déplacé.
L'idée de départ de mon application était pourtant ludique et positive : permettre de créer un sentiment de fierté parmi les juifs. Dans la communauté, il y a souvent des discussions pour savoir qui, dans les personnes qui réussissent, sont talentueuses, célèbres, est de confession juive (ou non). L'idée n'est aucunement d'imaginer une quelconque supériorité d'un groupe ethnique sur un autre – d'autant plus qu'il y a une part beaucoup plus importante de non-juifs tout aussi talentueux ! – mais bel est bien d'être fier !
C'est la même chose dans n'importe quelle minorité, religieuse ou non. La fierté d'appartenir au même groupe qu'une personne qu'on admire est naturelle.
Si l'application s'était appelée "célébrités bretonnes", ça n'aurait choqué personne ! Les bretons n'ont pas la même histoire que les juifs, certes, mais en France, en 2011, je suis triste de constater que le mot "juif" qui est aussi tabou. En 70 ans, la société n'a pas beaucoup évolué.
Je ne comprends pas pourquoi savoir qu'on est juif, même si on l'enregistre, créerait de l'antisémitisme. Si on discrimine quelqu'un c'est mal, mais connaitre l'origine et les croyances d'une personne ne devrait pas poser de problème.
Aux Etats-Unis, il existe un site intitulé "jew or not", qui a à peu près la même finalité que mon application, et là-bas, cela n'a choqué personne. Je suis ingénieur informatique dans une entreprise britannique. Et je peux vous dire qu’en Angleterre ,dans le questionnaire que l’État envoie pour le recensement de la population, il est demandé aux particuliers d'indiquer leur confession religieuse. On coche la case "catholique", "musulman", "juif" etc. Cela ne choque personne.
Pourquoi cela devrait être différent en France ? Pourquoi en France on ne pourrait avoir un débat sain sur ce sujet ? Pourquoi on est tout de suite dans la polémique ? Je pose la question.
Pourquoi David Abiker d’Europe 1 s'est-il senti attaqué du fait que son nom figure dans l'application (à tort ou à raison) ? Est-ce une insulte ? Pourquoi considère-t-il que je "généralise" en écrivant "LES juifs" quand lui-même affirme que "LES Français" ne veulent pas de cette application ?
La France est un pays laïc, c’est vrai, mais la laicité c'est aussi l'acceptation de toutes les croyances, pas la haine des croyances des autres.
On a qualifié l’application de “dangereuse” mais croyez-bien, les antisémites, racistes, ou autres personnes haineuses n'ont pas besoin d’une appli iPhone pour déverser leur haine de l'autre. Tout existe déjà sur Internet, la seul nouveauté ici est le support qu’est l’iPhone.
S'il faut censurer l'application, comme j'ai pu le lire ici ou là, censurons aussi Wikipedia, qui propose la même fonctionnalité… censurons les blogs, censurons Google, qui propose dans ses résultats de recherche le mot "juif" lorsque l'on tape le nom de quasiment chaque personnalité française.
Tiens… Et pourquoi ces résultats, d'ailleurs ? Parce que cela intéresse les gens.
Indignados
Espagne 2011
Cette photo, partagée par un ami, évoque beaucoup d'idées pour moi...
Une sorte de remise en cause de l'abus de sécuritaire, une plénitude, une manière de montrer que la puissance n'est pas sous les carapaces... Que derrière les masques, il y a aussi des sujets qui peuvent se croiser et partager un moment voire une idée tout en étant de chaque côté de la barrière. On peut aussi associer avec le charmeur de serpent. Une seconde d'éternité... entre autre !
Et il y a aussi le parallèle possible entre la matraque (ds le dos du policier) et le flute du musicien. Mais là nous entrons ds le supra métaphorique.
A New York, dix ans de psychothérapie
A New York, dix ans de psychothérapie
| 09.09.11 | 13h25 • Mis à jour le 09.09.11 | 16h22A New York, les services spécialisés de l'hôpital Mount Sinai en voient toujours arriver de nouveaux : pompiers, policiers ou sauveteurs, ils ont été appelés à intervenir sur le lieu des attentats d'Al-Qaida, le 11 septembre 2001, ou s'étaient portés volontaires. D'autres, qui habitaient ou travaillaient dans le quartier, ont assisté de leur fenêtre aux sauts dans le vide d'occupants puis à l'effondrement des tours.
Tous viennent là et dans deux autres centres de la ville parce qu'ils restent obsédés par une image, une odeur, une vision, une peur diffuse et récurrente qui les submerge par moments ou hante leurs cauchemars, générant panique ou désespoir soudains, insomnies, etc.
Une équipe médico-psychologique les reçoit et, après examen, décide s'ils entrent ou non dans la catégorie du PTSD 9/11 : le post-traumatic stress disorder, trouble du stress post-traumatique subséquent au choc du 11-Septembre.
Leur prise en charge est désormais budgétée et encadrée par une loi signée le 2 janvier par Barack Obama. Dite "de santé et d'indemnisation", cette loi porte le nom de James Zadroga, premier policier dont le décès, le 5 janvier 2006, à 45 ans, a été officiellement reconnu comme dû à ses interventions à Ground Zero. Les troubles des personnes qui ont consulté sont chez certains apparus quasi immédiatement, chez d'autres des années plus tard.
Rien de neuf pour les spécialistes, habitués à travailler avec des anciens combattants ou des victimes de catastrophes naturelles. Mais la délimitation de ceux qui sont en droit de bénéficier d'une prise en charge spécifique PTSD 9/11 continue de faire l'objet de polémiques.
Comment, en effet, déterminer la part jouée par l'événement dans les manifestations du stress : a-t-il été déclencheur, révélateur ou accélérateur de problèmes préexistants ? Soucieux de préserver les finances publiques, le juriste néoconservateur Theodore Frank avait lancé, en 2008 : "Il ne faudrait pas que les contribuables finissent par payer les psychothérapies de Woody Allen et de la moitié de Manhattan."
En fait, le nombre de ceux qui ont bénéficié d'un traitement particulier est estimé à un peu plus de 10 000, dont 3 600 sont toujours en psychothérapie. Ces chiffres ne tiennent pas compte de ceux qui se sont adressés à des médecins privés ou ont été suivis hors de New York.
Une première étude exhaustive portant sur cette population, réalisée par Yuval Neria, psychologue au département de psychiatrie de l'université Columbia, prend à rebrousse-poil un certain nombre d'idées reçues. Il constate, note Roxane Cohen Silver, du département de psychologie et de comportement social de l'université de Californie à Irvine, une plus grande "résilience" des personnes touchées de près par les attentats du 11-Septembre qu'on ne l'aurait imaginé : "Les trois quarts, dit-elle, n'ont développé aucun symptôme pouvant s'assimiler au PTSD."
Plus globalement, les effets du 11-Septembre sur ceux qui l'ont vécu en direct sont jugés souvent "surestimés", indique la psychologue, qui a coordonné le numéro spécial d'American Psychologist dans lequel est publié cet article.
Elle indique deux données majeures qui ressortent de cinquante études différentes effectuées sur les populations ayant consulté après les attentats : d'une part, la propension à développer le PTSD tient beaucoup à un terreau symptomatique (anxiété, propensions dépressives...), sans que cela soit une règle constante ; de l'autre, les symptômes psychologiques constatés chez les témoins du 11-Septembre sont "très similaires" à ceux relevés chez les anciens combattants. Aucune étude comparative n'a cependant été réalisée incluant des traumatisés du 11-Septembre et des anciens combattants d'une guerre, celle d'Irak par exemple.
Une autre conclusion veut que la "libération de la parole" ne constitue que rarement un remède. Amener un patient intensément stressé à remémorer et "dire" son traumatisme s'avérerait plus susceptible d'accroître fortement son angoisse ou ses tendances dépressives. On notera que cette idée va dans le sens communément prisé aujourd'hui aux Etats-Unis, qui tend à restreindre ou annuler le travail psychologique lié à la parole.
La revue est publiée par l'Association des psychologues américains (APA), dont l'attitude a fait l'objet de vives critiques dans le passé, en particulier lorsque son bureau directeur a autorisé ses membres à participer à des "interrogatoires poussés" - des tortures - de prisonniers.
Cette décision a été abrogée en 2008 et l'APA a réécrit son code éthique en 2010. Une lecture de son numéro spécial 11-Septembre indique cependant que cette association s'inscrit toujours dans une conception "patriotique" de son action et du rôle de ses adhérents. Si un seul article traite directement de l'impact des attentats sur les victimes collatérales, la moitié des autres étudie des sujets peu usuels dans des revues de ce type.
Dans un texte intitulé "L'impact de la science psychologique sur les agences de sécurité nationale après le 11-Septembre", l'auteur, Susan Brandon, rappelle que "les psychologues ont été une partie intégrante des agences de sécurité nationale depuis la première guerre mondiale".
Elle regrette que le 11-Septembre, bien qu'ayant "élevé la prise de conscience quant à l'importance du renseignement humain" dans les services de défense, n'ait pas permis d'"accroître significativement l'impact des psychologues sur les politiques et les pratiques des agences de sécurité ".
D'autres articles s'intitulent "La psychologie hors du laboratoire : le défi de l'extrémisme violent", "Réponses politiques des Américains au 11-Septembre : comprendre l'impact des attaques terroristes et de leurs suites", "Une gestion intelligente des agences de renseignement", etc.
Mme Silver s'étonne que l'on s'étonne. "La psychologie clinique, répond-elle, n'est qu'une division de la psychologie parmi énormément d'autres. Nous avons voulu étudier l'impact du 11-Septembre sur tout le spectre de nos activités, de la psychologie sociale au rôle de la psychologie dans les processus de décision politique. D'où la multiplicité d'articles sur des thèmes politiques et sécuritaires."
Elle-même précise qu'elle "n'est pas une clinicienne" et rappelle qu'elle a été conseillère au département américain de la sécurité nationale. Dans ce numéro spécial, elle signe un article simplement titré : "A quoi s'attendre après la prochaine attaque ?"
Lire l'intégralité du dossier spécial du Monde sur le 11-Septembre dans l'édition datée du samedi 10 septembre, disponible en kiosque à partir de vendredi après-midi, et accessible en ligne via le Journal éléctronique.
Sylvain Cypel
Rentrée scolaire : les nouveaux défis
Ce n'est pas nouveau, j'apprécie la pensée de Marcel Gauchet. Pour coller à l'actualité certes, mais aussi parce que j'ai trouvé très pertinent ces articles du Monde, je me permets de vous les proposer. Je pense que ceux qui ont une approche relationnelle, chassagnyste de l'orthophonie reconnaitront aussi quelques fondamentaux de notre travail dans ces propos.
Bonne lecture et bonne rentrée à tous.
Contre l'idéologie de la compétence,
l'éducation doit apprendre à penser
| 02.09.11 | 12h46
Dans quelle mesure l'évolution de nos sociétés ébranle-t-elle les conditions de possibilité de l'entreprise éducative ?
Marcel Gauchet : Nous sommes en proie à une erreur de diagnostic : on demande à l'école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s'étonne qu'elle n'y parvienne pas... Quelles sont ces transformations collectives qui aujourd'hui posent à la tâche éducative des défis entièrement nouveaux ? Ils concernent au moins quatre fronts : les rapports entre la famille et l'école, le sens des savoirs, le statut de l'autorité, la place de l'école dans la société.
A priori, famille et école ont la même visée d'élever les enfants : la famille éduque, l'école instruit, disait-on jadis. En pratique, les choses sont devenues bien plus compliquées.
Aujourd'hui, la famille tend à se défausser sur l'école, censée à la fois éduquer et instruire. Jadis pilier de la collectivité, la famille s'est privatisée, elle repose désormais sur le rapport personnel et affectif entre des êtres à leur bénéfice intime exclusif. La tâche éducative est difficile à intégrer à ce cadre visant à l'épanouissement affectif des personnes.
Philippe Meirieu : Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l'immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille "faisait des enfants", aujourd'hui, c'est l'enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l'enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de "mauvais parents"...
Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n'avons qu'à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.
Cette conjonction entre un phénomène démographique et l'émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d'achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.
Dans quelle mesure le face-à-face pédagogique est-il bouleversé par cette nouvelle donne ?
P. M. : Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n'ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l'extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s'apparente à une cocotte-minute.
Dans l'ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une "pédagogie de garçon de café", courant de l'un à l'autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.
Il est vampirisé par une demande permanente d'interlocution individuée. Il s'épuise à faire baisser la tension pour obtenir l'attention. Dans le monde du zapping et de la communication "en temps réel", avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de "faire l'école". Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l'impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l'expression même de l'intelligence, "l'inversion de la dispersion".
Dès lors que certains parents n'élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée en Europe et comment faire en sorte qu'elle retrouve sa centralité ?
M. G. : Le savoir et la culture étaient posés comme les instruments permettant d'accéder à la pleine humanité, dans un continuum allant de la simple civilité à la compréhension du monde dans lequel nous vivons. C'est ce qui nourrissait l'idéal du citoyen démocratique. Ils ont perdu ce statut. Ils sont réduits à un rôle utilitaire (ou distractif).
L'idée d'humanité s'est dissociée de l'idée de culture. Nous n'avons pas besoin d'elle pour exister. Nous sommes submergés par une vague de privatisation qui nous enjoint de vivre pour nous-mêmes et, surtout, de ne pas perdre notre temps à chercher à comprendre ce qui nous environne.
Derrière le slogan apparemment libertaire "faites ce que vous voulez !", il y a un postulat nihiliste : il ne sert à rien de savoir, aucune maîtrise du monde n'est possible. Contentez-vous de ce qui est nécessaire pour faire tourner la boutique, et pour le reste, occupez-vous de vous !
L'école est prise dans ce grand mouvement de déculturation et de désintellectualisation de nos sociétés qui ne lui rend pas la tâche facile. Les élèves ne font que le répercuter avec leur objection lancinante : à quoi ça sert ? Car c'est le grand paradoxe de nos sociétés qui se veulent des "sociétés de la connaissance" : elles ont perdu de vue la fonction véritable de la connaissance.
C'est pourquoi nous avons l'impression d'une société sans pilote. Il n'y a plus de tête pour essayer de comprendre ce qui se passe : on réagit, on gère, on s'adapte. Ce dont nous avons besoin, c'est de retrouver le sens des savoirs et de la culture.
Est-ce à dire que l'autorité du savoir et de la culture ne va plus de soi, classe difficile ou pas ? Et comment peut-on la réinventer ?
M. G. : L'autoritarisme est mort, le problème de l'autorité commence ! Le modèle de l'autorité a longtemps été véhiculé par la religion (puisque les mystères de la foi vous échappent, remettez-vous en au clergé) et par l'armée (chercher à comprendre, c'est déjà désobéir). Ces formes d'imposition sans discussion se sont écroulées, et c'est tant mieux ! Mais il faut bien constater qu'une fois qu'on les a mises à bas, la question de l'autorité se repose à nouveaux frais. Pourquoi cette question est-elle si importante à l'école ?
Tout simplement parce que l'école n'a pas d'autre moyen d'action que l'autorité : l'emploi de la force y est exclu et aucune contrainte institutionnelle n'obligera jamais quelqu'un à apprendre. La capacité de convaincre de l'enseignant dans sa classe repose sur la confiance qui lui est faite en fonction du mandat qui lui est conféré par la société et garanti par l'institution. Nous sommes là pour l'appuyer dans ce qui est une mission collective.
Or ce pacte est aujourd'hui remis en question. Les enseignants en sont réduits à leur seul charisme. Ils travaillent sans filet et sans mandat institutionnel clair. La société n'est plus derrière eux, à commencer par leur administration. C'est ce qui aboutit à la crise de l'autorité à l'école : les enseignants sont là au nom d'une collectivité qui ne reconnaît pas le rôle qu'ils exercent.
P. M. : L'autorité est en crise parce qu'elle est individuée et qu'elle n'est plus soutenue par une promesse sociale partagée. Le professeur tenait son autorité de son institution. Aujourd'hui, il ne la tient plus que de lui. L'école garantissait que l'autorité du professeur était promesse de réussite - différée, mais réelle - pour celui qui s'y soumettait.
Aujourd'hui, la promesse scolaire est éventée et le "travaille et tu réussiras" ne fait plus recette. L'école, qui était une institution, est devenue un service : les échanges y sont régis par les calculs d'intérêts à court terme. Le pacte de confiance entre l'institution scolaire et les parents est rompu. Ces derniers considèrent souvent l'école comme un marché dans lequel ils cherchent le meilleur rapport qualité/prix.
Le défi qui s'ensuit est double. Nous devons d'abord réinstitutionnaliser l'école jusque dans son architecture. Si les lycées napoléoniens ont si bien fonctionné, c'est qu'à mi-chemin entre la caserne et le couvent, ils alliaient l'ordre et la méditation. Réinstitutionnaliser l'école, c'est y aménager des situations susceptibles de susciter les postures mentales du travail intellectuel.
Il est essentiel d'y scander l'espace et le temps, d'y structurer des collectifs, d'y instituer des rituels capables de supporter l'attention et d'engager l'intention d'apprendre...
Nous devons ensuite, contre le savoir immédiat et utilitaire, contre toutes les dérives de la "pédagogie bancaire", reconquérir le plaisir de l'accès à l'œuvre. La mission de l'école ne doit pas se réduire à l'acquisition d'une somme de compétences, aussi nécessaires soient-elles, mais elle relève de l'accès à la pensée. Et c'est par la médiation de l'œuvre artistique, scientifique ou technologique que la pensée se structure et découvre une jouissance qui n'est pas de domination, mais de partage.
La réinvention de l'école passe donc aussi par un réexamen critique de nos outils pédagogiques ?
P. M. : L'accès à l'œuvre, parce qu'elle exige de différer l'instrumentalisation de la connaissance et d'entrer dans une aventure intellectuelle, se heurte à notre frénésie de savoir immédiat. Car les enfants de la modernité veulent savoir. Ils veulent même tout savoir.
Mais ils ne veulent pas vraiment apprendre. Ils sont nés dans un monde où le progrès technique est censé nous permettre de savoir sans apprendre : aujourd'hui, pour faire une photographie nette, nul n'a besoin de calculer le rapport entre la profondeur de champ et le diaphragme, puisque l'appareil le fait tout seul...
Ainsi, le système scolaire s'adresse-t-il à des élèves qui désirent savoir, mais ne veulent plus vraiment apprendre. Des élèves qui ne se doutent pas le moins de monde qu'apprendre peut être occasion de jouissance.
Des élèves rivés sur l'efficacité immédiate de savoirs instrumentaux acquis au moindre coût, et qui n'ont jamais rencontré les satisfactions fabuleuses d'une recherche exigeante. C'est pourquoi l'obsession de compétences nous fait faire fausse route. Elle relève du "productivisme scolaire", réduit la transmission à une transaction et oublie que tout apprentissage est une histoire...
En réalité, la culture française a toujours été rétive aux théories de l'apprentissage, pour leur préférer les théories de la connaissance : "l'exposé des savoirs en vérité" apparaît ainsi comme la seule méthode d'enseignement, qu'elle prenne la forme de l'encyclopédisme classique ou des référentiels de compétences béhavioristes.
Dans cette perspective, le savoir programmatique est à lui-même sa propre pédagogie, et toute médiation, tout travail sur le désir, relèvent d'un pédagogisme méprisable. Je regrette profondément l'ignorance de l'histoire de la pédagogie dans la culture française : elle nous aiderait à débusquer nos contradictions et nos insuffisances, et à réinventer l'école.
M. G. : Que savons-nous de ce que veut dire "apprendre" ? Presque rien, en réalité : nous passons sans transition du rat de laboratoire et de la psychologie cognitive aux compétences qui intéressent les entreprises. Mais l'essentiel se trouve entre les deux, c'est-à-dire l'acte d'apprendre, distinct de connaître, auquel nous ne cessons, à tort, de le ramener. Apprendre, à la base, pour l'enfant, c'est d'abord entrer dans l'univers des signes graphiques par la lecture et l'écriture, et accéder par ce moyen aux ressources du langage que fait apparaître son objectivation écrite.
Une opération infiniment difficile avec laquelle nous n'en avons jamais fini, en fait. Car lire, ce n'est pas seulement déchiffrer, c'est aussi comprendre. Cela met en jeu une série d'opérations complexes d'analyse, de contextualisation, de reconstitution sur lesquelles nous ne savons presque rien. Comment parvient-on à s'approprier le sens d'un texte ?
On constate empiriquement que certains y parviennent sans effort, alors que d'autres restent en panne, de manière inexplicable. Sur tous ces sujets, nous sommes démunis : nous nous raccrochons à un mélange de routines plus ou moins obsolètes et d'inventions pédagogiques plus ou moins aveugles.
P. M. : De même qu'aucun métier ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour l'exercer, aucun savoir ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour le maîtriser. Les compétences graphiques, scripturales, orthographiques, grammaticales suffisent-elles pour entrer dans une culture lettrée ? Je n'en crois rien, car entrer dans l'écrit, c'est être capable de transformer les contraintes de la langue en ressources pour la pensée.
Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd'hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que "savoir faire preuve de créativité" et "savoir attacher une pièce jointe à un courriel".
Que peut bien signifier alors "l'élève a 60 % des compétences requises" ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.
A l'heure où nous passons des connaissances aux compétences, quels sont les leviers politiques qui permettraient de réinventer l'école ?
M. G. : L'école est à réinventer, mais elle ne pourra pas le faire seule dans son coin. Ce n'est pas un domaine de spécialité comme un autre qu'il suffirait de confier aux experts pour qu'ils trouvent les solutions. Le problème éducatif ne pourra être résolu dans ces conditions. C'est une affaire qui concerne au plus haut point la vie publique, qui engage l'avenir de nos sociétés et ne peut être traitée que comme une responsabilité collective qui nous concerne tous, et pas seulement les parents d'élèves.
L'une des évolutions actuelles les plus inquiétantes réside dans l'installation au poste de commandement d'une vision purement économique du problème, élaborée et développée à l'échelle internationale.
Ce que résume l'écho donné aux résultats des enquêtes du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), pilotées par l'OCDE. Le ministère de l'éducation nationale ne fait plus que répercuter des conceptions très discutables du type de performances auxquelles doivent tendre les systèmes éducatifs.
Très discutables, je le précise, y compris du point de vue de l'emploi et de l'efficacité économique. Qui peut prendre au sérieux le livret de compétences introduit au collège dans le but de mieux évaluer les acquis des élèves ?
Dans le travail comme dans le reste de l'existence, c'est avec de la pensée que l'on peut progresser, à tous les niveaux. La fonction de l'école, c'est tout simplement d'apprendre à penser, d'introduire à ce bonheur qu'est la maîtrise par l'esprit des choses que l'on fait, quelles qu'elles soient. C'est, de très loin, la démarche la plus efficace. L'illusion du moment est de croire qu'on obtiendra de meilleurs résultats pratiques en abandonnant cette dimension humaniste.
P. M. : Je suis entièrement d'accord avec Marcel Gauchet sur l'importance d'une mobilisation politique sur la question de l'éducation, qui dépasse d'ailleurs celle de l'école. Les programmes éducatifs des deux principaux partis politiques français ne proposent rien de plus que de nouvelles réformes scolaires : il n'y est nullement question de la famille, du rôle des médias, de la présence des adultes dans la ville, des relations transgénérationnelles...
Marcel Gauchet et Philippe Meirieu, alors que vous appartenez à des mouvances différentes, vous avez cherché à dépasser l'opposition entre "pédagogues" et "républicains", cette vieille querelle qui divisait les soi-disant partisans des savoirs de la transmission et ceux qui prônaient l'exclusive transmission des savoirs. Est-ce le signe de la fin d'un clivage tenace mais sclérosant ?
M. G. : L'opposition entre pédagogues et républicains me semble derrière nous. Je m'en félicite, car j'ai toujours travaillé à la dépasser. La divergence très relative entre Philippe Meirieu et moi-même tient simplement à la différence de point de départ. Philippe Meirieu part de la pédagogie, là où je pars d'une préoccupation plus politique.
Il est certes important de connaître le patrimoine pédagogique, mais je suis peut-être plus sensible que Philippe Meirieu au caractère inédit de la situation. Aucun discours hérité ne me semble immédiatement à la hauteur de la réalité scolaire dont nous faisons aujourd'hui l'expérience.
P. M. : A l'heure actuelle, l'essentiel est d'inventer une école qui soit délibérément un espace de décélération, un lieu d'apprentissage de la pensée et d'expérience d'un travail collectif solidaire. Or, sur ces questions, le patrimoine pédagogique m'apparaît d'une extrême richesse. Le clivage politique, quant à lui, se situe entre ceux qui chargent l'école de transmettre une somme de savoirs techniques garantissant à terme l'employabilité du sujet, et ceux pour qui l'école a une vocation culturelle qui dépasse la somme des compétences techniques qu'elle permet d'acquérir.
C'est là une question de société qui appelle un véritable débat démocratique.
Nicolas Truong
Article paru dans l'édition du 03.09.11
Marcel Gauchet
Article paru dans l'édition du 03.09.11
Historien et philosophe
Né en 1946, est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et au Centre de recherches politiques Raymond-Aron. Rédacteur en chef de la revue « Le Débat » (Gallimard), qu'il a fondée avec Pierre Nora en 1980, il a récemment publié « La Condition historique » (Stock, coll. Les Essais, 2003), un entretien avec François Azouvi et Sylvain Piron qui retrace son parcours intellectuel et politique depuis 1968, « L'Avènement de la démocratie », t. 1 « La Révolution moderne », t. 2 « La Crise du libéralisme » et t. 3 « A l'épreuve des totalitarismes, 1914-1974 » (Gallimard, 2007-2010).
Sur l'école, il a publié, en collaboration avec Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi, « Pour une philosophie politique de l'éducation » (Hachette Littératures, 2003) et « Les Conditions de l'éducation » (Stock, 2008).
Rentrée scolaire : les nouveaux défis
| 02.09.11 | 12h46 • Mis à jour le 02.09.11 | 12h46
Voici venu le temps de la rentrée scolaire, pour 12 051 100 élèves et 859 294 enseignants du primaire et du secondaire. Une rentrée placée sous le signe du choix des enseignants par les chefs d'établissement dans 297 collèges et 28 lycées. Une rentrée marquée par l'installation, en classe de 1re, de la réforme du lycée et du retour de la "leçon de morale" en primaire. Une rentrée marquée par des coupes budgétaires sévères, avec 16 000 postes supprimés.
Une rentrée chargée de conflits aussi, de débats et d'amers constats. Après les couacs du bac, la bataille des programmes fait rage. Des parlementaires UMP, emmenés par le courant La Droite populaire, sonnent la charge contre des manuels qui expliquent que l'identité sexuelle est naturelle et biologique, mais également sociale et construite, inspirés par la "théorie du genre". De son côté, Claude Lanzmann a lancé, dans une tribune publiée par Le Monde, une polémique sur l'usage ou le mésusage du terme "Shoah" dans les programmes scolaires (Le Monde du 31 août).
Ainsi l'école est-elle devenue la chambre d'écho des problèmes moraux, la caisse de résonance des questions sociales, l'amplificateur des révolutions qui s'accomplissent dans les maisons ou derrière les écrans de télévision. Autorité contestée, tyrannie de l'immédiateté, hyperactivité, ennui, apathie, décrochage ou phobie scolaire, querelles mémorielles, incivilités et désenchantement face à une société où piston et relations semblent compter davantage que les parcours exemplaires d'enfants sages.
Loin d'être à l'abri du bruit du monde, l'école bénéficie de la modernité tout en subissant les métamorphoses de ce que l'écrivain Michel Leiris appelait la "merdonité". Et nombre d'enseignants ont l'impression que la société défait le soir, après la classe, ce qu'ils ont patiemment tenté d'élaborer dans la journée.
Le sentiment d'appartenance à un projet qui transcende les individualités s'est évaporé. Le sens du "nous" s'est dispersé. Comment l'école peut-elle, dès lors, fédérer une collectivité à l'ère de l'individualisme intégral ? La famille, ensuite, a cessé d'être l'alliée naturelle de l'école. Comme le relève l'historien et philosophe Marcel Gauchet, la cellule structurante de l'enfant se décharge souvent de sa fonction éducative sur l'institution publique. Autrefois convergentes, les deux instances sont passées "de la connivence à la discorde", poursuit-il. Autre signe des temps : le sens des savoirs scolaires s'est diffracté, et un mouvement de "désintellectualisation" gagne une frange de l'Europe, pourtant construite sur la culture humaniste.
Pédagogue et essayiste, Philippe Meirieu insiste sur un autre changement anthropologique qui modifie de fond en comble les relations entre les professeurs et les élèves : la majorité des enfants sont de nos jours largement désirés. "Jadis, la famille faisait des enfants, aujourd'hui, ce sont les enfants qui font la famille", assure-t-il. L'avènement de ce bonheur parental et cette nouvelle civilisation des moeurs ne se font pas sans heurts. Et conduisent parfois aux dérives de l'enfant-roi et de l'élève-client, aux comportements de ces enfants très choyés mais aux pulsions rarement entravées, qui participent souvent à ce que Philippe Meirieu appelle le "caprice mondialisé" et transforment les classes en "Cocotte-Minute" géantes.
Défis pédagogiques
Comment redonner du sens et du plaisir à la scolarité ? Comment faire respecter l'autorité lorsque parfois, au sommet de l'Etat, semble régner l'empire des passe-droits ? Comment réconcilier le monde des fringues des boutiques Zadig et Voltaire avec celui du fringant Zadig de Voltaire ? Comment faire aimer les disciplines de la pensée à des élèves qui semblent a priori moins aimer Pascal qu'Obispo ? Tels sont les défis pédagogiques et politiques de cet entretien entre deux intellectuels soucieux du devenir de l'école publique.
Ce constat ne doit pourtant pas conduire à une rhétorique de la déploration, ni au recours à l'incantation d'un passé mythifié. Plutôt que d'osciller entre "c'était mieux avant" (la massification ou le collège unique) et le "et pourtant" (ils lisent, le niveau monte, etc.), il s'agit d'apporter un nouveau sens aux disciplines enseignées. Plutôt que de rejouer, à chaque rentrée, le combat entre partisans de la transmission des savoirs (dits "républicains") et adeptes des savoirs de la transmission (appelés "pédagogues"), il est temps de s'inspirer de l'élan de ceux qui ont imaginé d'autres façons d'émanciper les enfants. De revisiter les aventures de tous ces rêveurs d'éducation qui ont inventé une école qui pratiquait autant l'instruction que l'éducation, sensible aux inégalités, aux fragilités, attentive aux rythmes de chacun, soucieuse de ne pas réserver le savoir à quelques-uns.
Il est donc sans doute temps de réconcilier Jules Ferry (1832-1893) et Célestin Freinet (1896-1966), le réformateur de l'instruction et le promoteur de l'expérimentation. C'est ce à quoi se sont attelés Marcel Gauchet et Philippe Meirieu lors d'un échange qui s'est déroulé le 13 juillet, dans le cadre du Théâtre des idées, cycle de rencontres intellectuelles du Festival d'Avignon. Deux intellectuels qui ne souhaitent pas confiner l'éducation à l'école et qui ont eu cette idée folle, ce jour-là, de vouloir réinventer l'école.
Nicolas Truong
Article paru dans l'édition du 03.09.11
Don d'organes
Pas toujours simple d'évoquer la mort et d'autant plus avec nos proches, pourtant n'est-ce pas l'une des étapes de notre vie ?
Le don d'organes est un acte essentiel, personnel et le corps médical demande toujours aux proches de donner leur avis même si vous avez déjà fait le nécessaire.
Comment signaler que l’on est donneur ?
Vous acceptez que vos organes et tissus soient greffés à des malades après votre décès ? Il vous est demandé d’informer vos proches de cette décision. C’est la démarche recommandée.
En effet, c’est vers votre famille, les personnes qui partagent votre vie, que les équipes médicales se tourneront pour s’assurer que vous n’étiez pas contre le don avant d’envisager tout prélèvement. Cet échange aura lieu même si vous portiez sur vous une carte de donneur.
Il est également recommandé de connaître le choix de vos proches pour être en mesure de témoigner pour eux au cas où.
Partager nos choix sur le don d’organes est un acte citoyen mais également une question de psychologie. De cette manière, chacun est sûr que sa volonté est connue et comprise et qu’elle sera respectée, au cas où. Cela permet aussi d’épargner un questionnement douloureux pour les proches, dans un moment déjà difficile.
Le dire à vos proches
En cas de décès brutal, l‘hôpital va contacter en priorité votre proche entourage : famille, conjoint, compagnon...
Parler du don d’organes avec des amis, des collègues, est utile pour mûrir son opinion ou se sentir plus à l’aise avec le sujet, mais il est essentiel de dire son choix aux personnes qui vous sont les plus proches : votre famille ou toute autre personne qui partage votre vie.
Demander leur choix en retour
Lancer une conversation sur le don d’organes, c‘est aussi l’occasion d’interroger vos proches sur leurs propres choix sur le don d’organes après la mort.
Tout le monde peut être amené à donner ses organes, tout le monde peut un jour avoir besoin d’une greffe. Mais on l‘oublie souvent, tout le monde peut également être sollicité pour témoigner en urgence de la volonté d‘un proche brusquement décédé.
Les clés de l’échange sur le don d’organes
Parler du don d‘organes, c ‘est parler de la mort, un sujet que beaucoup d’entre nous évitent d’évoquer. Si pour vous, parler du don d‘organes avec ses proches vous semble ni simple ni facile, ces quelques conseils peuvent vous aider.
Profiter des circonstances qui amènent naturellement au sujet. Dans une famille, il n‘y a pas d‘âge ou de fonction idéale pour lancer la conversation. Le plus important est la spontanéité de la conversation. En effet, plutôt que d‘imposer une discussion sur le don d‘organes, mieux vaut profiter d‘un échange qui amène naturellement à ce sujet : une actualité, une émission de télévision, un film, une greffe dans son entourage, une visite à l‘hôpital, un deuil...
Etre simple. Des mots simples suffisent pour exprimer sa position et connaître celle des autres. Le choix de donner ou non ses organes est une décision personnelle, ce n‘est pas un sujet de dissertation ou de débat. Personne n‘a tort ou raison.
Respecter toutes les attitudes. Si le sujet suscite de l‘émotion et des réactions personnelles, il est naturel de les exprimer et de les écouter.
Certains vont dire leur décision de façon spontanée, d‘autres vont se montrer indécis ou mal à l‘aise. Il faut accepter les réticences ou les craintes, quels que soient l‘âge et la position de celui qui les exprime, sans porter de jugement.
La décision sur le don d‘organes est un processus : chacun avance à son rythme. L‘important est de laisser la porte ouverte à de futurs échanges, et d‘y revenir lorsque l‘occasion se présente.
La carte de donneur
La carte de donneur constitue une trace de votre accord. Elle peut aussi vous aider à consolider votre engagement ou à en discuter.
Mais la carte n‘a aucune valeur légale : carte ou non, l’équipe de coordination doit consulter les proches avant d‘envisager tout prélèvement.
Au mieux, la carte peut faciliter le dialogue avec les proches, mais il faut savoir qu ‘un parent, un enfant, un conjoint qui n ‘a pas été psychologiquement préparé à comprendre et accepter ce don d‘organes peut mal le vivre.
La carte de donneur ne peut donc en aucun cas remplacer une conversation avec vos proches.
Irène...
Evacuation massive à New York avant l'ouragan Irene

Certaines zones de la côte est des Etats-Unis ont déjà été évacuées. AFP/SCOTT OLSON
Les Etats-Unis s'attendent à ce que l'ouragan Irene, qui doit arriver sur la côte est américaine samedi en Caroline du Nord puis remonter vers New York dimanche, soit un "ouragan historique", selon l'expression utilisée par le président Barack Obama.
Preuve de l'inquiétude des autorités, la ville de New York a pris la décision d'évacuer obligatoirement plusieurs quartiers vulnérables de la ville et de fermer tous les transports publics dès samedi midi. Les quartier concernés sont les parties côtières de Brooklyn, du Queens et de Staten Island, ainsi que Battery Park City et le district financier au sud de Manhattan. Près de 250 000 personnes sont concernées.
"Nous n'avons encore jamais procédé à une évacuation obligatoire et nous ne le ferions pas aujourd'hui si nous ne pensions pas que cette tempête implique des risques très sérieux", a dit le maire Michael Bloomberg.
55 MILLIONS DE PERSONNES CONCERNÉES
L'ouragan Irene a été rétrogradé en catégorie 2 sur l'échelle de Saffir-Simpson, qui en compte cinq, avec des vents de 175 km/h, mais le Centre américain des national des ouragans américain (NHC) prévoit un nouveau renforcement d'ici à samedi. Irene a un diamètre de 820 kilomètres environ, soit l'équivalent de près d'un tiers de la longueur totale de la côte est américaine (2 675 km), selon une estimation de la NASA.
Les gouverneurs de Caroline du Nord, de Virginie, du Maryland, du Delaware, du New Jersey, de New York et du Connecticut ont décrété l'état d'urgence et des évacuations des zones côtières ont eu lieu tout au long de la journée. M. Obama, qui a appelé la population américaine à prendre "très au sérieux" l'ouragan, a décidé d'écourter ses vacances dans le Massachusetts, selon un responsable américain. Près de 55 millions de personnes pourraient être affectées
"Nous nous attendons à ce qu'il touche une large zone géographique avec un impact sur nombre de personnes, a prévenu Gail McGovern, présidente de la Croix-Rouge américaine. Cela pourrait prendre des semaines, peut-être des mois pour pouvoir réparer les dégâts."

Une rangée d'ambulances dans l'Etat de New York, se préparant à venir en aide à d'éventuels blessés.AFP/TIMOTHY A. CLARY
Les inondations sont particulièrement redoutées par les autorités. "Nous pouvons changer les conséquences en termes de vies humaines, a poursuivi Craig Fugate de l'Agence fédérale de gestion des secours, c'est pourquoi les ordres d'évacuation délivrés sur les zones côtières sont cruciaux. Les gens doivent partir tôt, rouler sur une distance de sécurité, trouver un endroit sûr […]. Tous les préparatifs seront vains si les gens ne tiennent pas compte de ces ordres d'évacuation."
L'ARMÉE PRÊTE À INTERVENIR
Plus au nord, le réseau ferroviaire Amtrack a suspendu toutes ses lignes au sud de Washington et les autorités fédérales ont fait des stocks de millions de repas et de litres d'eau pour les personnes évacuées. L'armée a fait savoir que 88 000 membres de la garde nationale étaient prêts à intervenir et que la marine a entrepris d'envoyer en mer tous ses navires amarrés dans le port de Hampton Roads (Virginie). "Nos bateaux supportent mieux les tempêtes de cette intensité quand ils naviguent, a expliqué le commandant de la 2e flotte, le vice-amiral Daniel Holloway. Que les navires soient en mer permet aussi de les rendre disponibles en cas de besoin." Le chef de l'Agence fédérale des situations d'urgence, Craig Fugate, a demandé à la population de "comprendre qu'il est grand temps de se préparer".
"Cela va générer 11 à 12 milliards de dollars de dégâts", a estimé Chuck Watson, directeur de recherche pour Kinetic Analysis, un cabinet qui développe des modèles informatiques sur les éventuels dégâts provoqués par les intempéries. "C'est le pire scénario envisageable dans l'état actuel", a-t-il ajouté. La société prévoit toutefois que le montant des dommages se situe plutôt entre 5 et 10 milliards de dollars, car les chances que l'ouragan frappe New York au plus fort de son intensité sont minces.

Un homme marche à Nassau avant le passage de l'ouragan Irene, jeudi 25 août.AP/Lynne Sladky
Le premier ouragan de la saison en Atlantique a causé de très importants dégâts dans l'archipel des Caraïbes. De puissantes bourrasques ont arraché des toits, couché des poteaux électriques et détruit des habitations. Si les îles sont habituées à la violence de ces phénomènes, le nord-est des Etats-Unis échappe habituellement à ces dépressions. Gloria, en 1985, est le dernier ouragan à avoir touché New York. La ville a par ailleurs été secouée cette semaine par un tremblement de terre tout à fait inhabituel.
Plan de New York avec les zones d'évacuations ICI





















